Devenir Flexitarien


Le flexitarisme (ou semi-végétarisme) est une pratique alimentaire qui consiste à adopter un régime majoritairement végétarien, mais qui autorise la consommation occasionnelle de viande, poisson ou crustacés. Le flexitarien reste un omnivore, mais qui a considérablement réduit sa consommation de produits animaux.

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Pourquoi devenir flexitarien ?


Les motivations des uns et des autres sont multiples. Pour beaucoup, suite aux nombreux scandales alimentaires provoqués par les dérives de l'industrie agro-alimentaire, il s'agit avant tout de préserver sa santé, de se libérer des allégations commerciales qui essayent de nous faire avaler tout et n'importe quoi, si possible en très grande quantité, et de revenir à un mode d'alimentation plus sain. L'autre facteur est une prise de conscience que nous vivons dans une société de gaspillage en masse et d'excès en tout genre, et que si nous n'entrons pas immédiatement en décroissance, notre belle planète ne parviendra plus à nous supporter.

Que mange un flexitarien ?


La majorité des repas d'un flexitarien ressemblera à ceux des lacto-ovo-végétariens. Beaucoup de fruits et légumes, des féculents (riz, céréales...), des légumineuses (lentilles, haricots, soja...), des oléagineux (noix, amandes...), des herbes et épices, des huiles, des produits laitiers (lacto) et des oeufs (ovo). A un rythme variable, allant de quelques repas par semaines à seulement un ou deux repas par mois, le flexitarien consommera sans excès des produits animaux, viande, vollaile, charcuterie, poissons ou crustacés. Il n'y a absolument aucun interdit, tout est une question de mesure.

Pour qui ?


Le principe étant de manger de tout, en quantités raisonnables, il n'y a priori aucune contre-indication. A noter que la dose de protéines animales recommandées par semaine pour l'alimentation habituellement carnée d'un jeune enfant est AU MAXIMUM d'une minuscule portion (viande, poisson, oeuf, dans la limite d'une fois par semaine pour l'oeuf) lors d'UN SEUL repas par jour (à 3 ans, elle est de 40g - soit environ un cinquième d'un blanc de poulet). Rien d'insurmontable avec une pratique flexitarienne au quotidien, puisque selon ces recommandations il faut a minima la moitié des repas complètement lacto-végétariens. Je vous recommande vivement d'en discuter avec votre pédiatre, qui est le seul à même de vous conseiller sur les besoins spécifiques de vos propres enfants, et qui recevra vos questions avec, j'en suis sûre, beaucoup d'intérêt.

A quoi faire attention ?


Il ne faut pas croire que manger de tout préserve des carences : mêmes les plus carnés des omnivores souffrent aussi régulièrement de carences. Voici les listes (non exhaustives) d'aliments qui aident à trouver le bon équilibre :

  • Vitamine B12 : foie de boeuf, huîtres, lapin, maquereau, boeuf, saumon, camembert, emmental, oeuf, yaourt, lait, poulet... Alternative végétalienne : vitamine B12 de synthèse produite par des bactéries OGM
  • Fer : boudin noir, foie de porc, son de blé, moules, flocons d'avoine, blé noir, salsifis, épinards, sardines, boeuf, crevettes, riz complet..
  • Zinc : huîtres, germes de blé, boeuf à pot-au-feu, graines de courge, maroilles, cacao, steak haché, graines de sésame, noix de cajou, comté..
  • Vitamine D3 : huile de foie de morue, saumon cru ou fumé, hareng fumé ou grillé, anchois, sardine, emmental, beurre... Alternative végétalienne : vitamine D2, moins efficace
  • Calcium : parmesan, emmental, graines de sésame, comté, autres fromages, amandes, chou kale, épinards, haricots blancs
  • Omega 3 + EPA + DHA : hareng, maquereau, sardine, thon... Alternative végétarienne : oeufs de poules nourries aux graines de lin. Pas d'alternative végétalienne.
  • Omega 3 + EPA : algue nori
  • Omega 3 : huile de lin, huile de colza... Nous ne savons pas si la carence en DHA des vegétaliens a une incidence sur la santé.
  • Omega 6 : graines de tournesol, pignons de pin, huile de pépins de raisin, huile de tournesol...

Les classements ont été établis par ordre de richesse, à quantité égale d'aliment consommé. Les informations varient énormément entre les sites, notament selon l'orientation du site (pro-lait, vegan...)

Je commence !

10 conseils pour bien débuter


Devenir un végératien du soir

Le repas du soir, traditionnellement plus léger que le déjeuner de midi, est celui qui se prette le mieux à un changement d'alimentation. Un flexitarien débutant pourra donc tester de nouvelles recettes sans avoir l'impression de bouleverser brutalement ses habitudes. C'est rassurant et ça permet de prendre confiance !

Réduire ses portions

Pas toujours facile de changer les habitudes, surtout si le reste de la famille n'est pas au diapason. La solution dans ce cas, est de diviser par deux sa portion ! Plutôt que de ne manger que 2 repas carnées par semaine, commencez par en manger 4 demi-portions... la quantité de viande sera la même mais la transition plus facile.

(Re)découvrir les légumineuses

Grandes oubliées de la cuisine moderne les lentilles, fèves et autres haricots rouges sont de formidables sources de protéines végétales. Rassasiantes, elles deviendront vite un indispensable de vos repas.

Allez voir ailleurs

La cuisine franco-française est TRES carnée. Presque aucun plat traditionnel ne cuisine sans au moins un bout de lard... ceci n'est absolument pas vrai dans d'autres régions du monde où de nombreuses recettes, savoureuses et épicées, sont exemptes de produits animaux !

Soyez complet et manquez de raffinement

Achetez des fruits et légumes frais, de saison. Choisisez en priorité les aliments complets, avec un meilleur apport nutrionnel. Riz complet, pâtes complètes... Moins un aliment est raffiné, mieux il est assimilé par l'organisme. Dès que cela est possible tournez-vous vers les aliments bruts. Sucre de canne, fleur de sel, huile vierge pressée à froid... ils n'en seront que plus parfumés.

Achetez moins, achetez mieux.

Sans colorants, sans additifs et sans conservateur, votre santé n'en sera que meilleure (tout comme vos plats !). Choissisez de préférence des aliments dont vous connaissez la provenance. Essayez de jongler entre production locale et production bio... Fiez-vous aux labels et aux certifications. Même pour du lait ou de la viande, préférez du bio. Pourquoi ? Parce que c'est la norme qui a les minima de bien-être les plus élevés : une plus grande surface par animal et un accès libre et continu à un espace extérieur.

Etre conscient de l'impact global

Pour élever un boeuf, il faut consommer 3x plus de ressouces que pour élever un cochon ou une volaille. En consommant des poissons sauvages, on met en danger d'autres espèces. En achetant du sucre de canne complet bio produit en Amérique du sud, on favorise la déforestation et on augmente l'impact carbone. En se lavant avec un savon à l'huile de palme, on participe à l'extinction d'espèces animales. Il faut trouver un équilibre : penser à sa santé bien sûr, mais penser également à la planète que nous laisserons à nos enfants.

Avoir la carne responsable

Si tout le monde ne consomme que des steaks, il faut multiplier considérablement la quantité d'animaux abattus : la viande habituellement choisie représente à peine la moitié de la carcasse d'un boeuf... en redonnant leurs lettres de noblesse aux cuissons lentes et aux abats, on participe aussi à limiter le nombre de bêtes tuées. Ne pas acheter toujours un animal du même sexe : en achetant volontairement coq et de coquelets, on rendra la pratique monstrueuse du broyage des poussins mâles obsolète.

S'ouvrir à l'écologie

Beaucoup de flexitariens intègrent dans leur approche d'autres actions concrètes pour limiter leur impact sur l'environnement. Produits d'hygiène respectueux de l'environnement, réduction des déchets, remplacement des consommables par des variantes lavables (mouchoirs en tissus, torchons à la place de l'essuie-tout). Généralement il s'agit juste d'un retour aux sources, pour un trentenaire il suffit de se remémorer son enfance !

Restez hermétiques aux critiques

Nombreux vegans, végétaliens ou végétariens que vous croiserez se montreront critiques, négatifs et virulents. Le monde ne changera pas avec du mépris et de de la haine ! Soyez fiers de ce que vous avez accompli et n'ayez pas honte de votre petite part omnivore. Tendez la main aux carnistes, montrez leur le chemin vers la décroissance, la seule véritable voie pour changer le monde.

Qui suis-je ?


Ni géant de l'industrie agro-alimentaire, ni journaliste, je suis une simple maman de 35 ans, ingénieur en informatique de son état, qui essaye de changer le monde avec ses petits moyens.